Jacques Laval

Le saint de l'Ile Maurice

 

Jacques Désiré Laval (1803-1864) est
le premier missionnaire de la Congrégation du père Libermann, le Saint-Coeur de Marie.
Il est parti en mission avant même d'avoir terminé son noviciat.

Par son ministère et son travail, il est devenu un personnage central de l'Île Maurice.

Il est encore aujourd'hui la personne qui réalise l'unité de l'île malgré la diversité de cultures,
de langues et de religions.

En l979, il a été béatifié par le pape Jean-Paul II.


pour ta navigation :

retour aux figures marquantes

retour à l'index

 

Pour vous présenter cette figure marquante de l'histoire des spiritains et de Mauriciens, je vous propose un article écrit par notre confrère Jean Savoie, dans la revue Esprit Saint

Le Bienheureux Jacques LAVAL,
Missionnaire de la compassion de Dieu

Il y a 150 ans, une île magnifique de l'Océan Indien se trouve en proie à un grand bouleversement social. Avec l'affranchissement des esclaves, trois fois plus nombreux que les maîtres, c'est une nouvelle société qui surgit. Chacun doit modifier son regard personnel et sa mentalité de groupe pour trouver sa place dans ce tout nouvel ensemble.

C'est là qu'un prêtre français débarque, un matin de septembre 1841. En une vingtaine d'années de vie active, ce missionnaire va être le principal acteur d'un changement de mentalité qui est à l'origine de la nation mauricienne d'aujourd'hui.

L'arrivée de ce prêtre, le Père Jacques Désiré Laval, n'était point souhaitée par l'autorité du lieu, son évêque lui obtient à peine l'autorisation d'un séjour qu'il devra consacrer uniquement aux plus démunis de cette population nouvellement affranchie. Dix ans plus tard, il est considéré comme le promoteur principal du renouveau social et spirituel de l'île Maurice et 100 ans plus tard il est proclamé Bienheureux par l'Eglise, et Père de la Nation par toutes les populations de Maurice.

La raison d'une telle influence n'est pas à chercher dans les qualités humaines exceptionnelles qu'aurait pu avoir le P. Laval mais plutôt dans les convictions religieuses de foi et d'amour de Dieu qui engendrent une compassion pour chacun et une action infatigable soutenue par la grâce de l'Esprit saint à qui il s'est totalement confié.

Le P. Jacques Laval porte en lui une profonde conviction de l'amour de Dieu pour tous et particulièrement pour les plus pauvres. Il s'est laissé touché par la miséricorde de Dieu dans la Bible. "J'ai vu la misère de mon peuple, j'ai prêté l'oreille à sa clameur… je connais ses angoisses, je suis résolu à le délivrer" (Ex 3,7s, 16s). Il a perçu dans cette attitude de Dieu les deux sens de la miséricorde dans la bible, aussi bien la tendresse, la bonté, la compassion dans le malheur que la fidélité, l'engagement, la prise en charge indéfectible de Yahwé pour son peuple.

La bible décline sous toutes ses formes cette compassion fidèle de Dieu. Dans le livre d'Osée "je t'ai aimé d'un amour éternel"; en Jérémie: "qu'aurai-je pu faire pour toi que je n'aie pas fait". Même s'il doit châtier les pêcheurs, Dieu se montre saisi de commisération et de pardon. La tendresse du cœur de Dieu est une donnée fondamentale de la parole de Dieu : "Ephraïm est-il donc pour moi un fils si cher, un enfant tellement préféré, pour qu'après chacune de mes menaces je doive toujours penser à lui, que mes entrailles s'émeuvent pour lui, que pour lui déborde ma tendresse" (Jr 31, 20; cf Is 49, 14; 54,7). Bien sûr, la révélation la plus évidente est celle de la vie de Jésus lui-même.


Le P. Laval a compris que Dieu veut de lui cette même tendresse pour tout homme et il conduit sa vie, après sa conversion, en allant toujours plus vers ceux qui sont dans le besoin. Comme médecin, comme curé de campagne, il a pratiqué déjà cette bonté pour les plus nécessiteux. On en trouvera des exemples ci-dessous.
Il a orienté sa vie dans la compassion et l'engagement définitif de fidélité qu'il y voyait. Encore jeune prêtre, il entend l'appel d'une plus grande misère à soulager. Quand ses : amis, anciens du Séminaire de Saint-Sulpice, lui parlent de la condition des Noirs, ils voient bien que "l'évocation de la misère des Noirs, l'espoir de les amener assez facilement au Christ, font grande impression sur lui". Il aime les siens et ne voudrait pas les quitter, mais il le faut: "je n'aurais pas quitté Pinterville pour une autre paroisse; si je m'en vais, c'est que Dieu me veut missionnaire" dit-il en quittant ses paroissiens. (Joseph Michel, Le Père Jacques Laval, Beauchesne, Paris, 1976 p. 71).


Ces dimensions de la compassion divine, amour, fidélité, don de soi, le P. Laval les a vécues dans sa vie missionnaire, au delà de toute espérance. On verra comment dans la suite. Il nous faut ici en souligner la source. Cette source il l'a trouvée dans l'union à Dieu et qu'il s'efforce d'imiter dans son action apostolique. Sa compassion active, c'est la forme que prend en lui la charité assez intériorisée pour venir du cœur, et assez forte pour se donner au service des autres à travers bien des difficultés et des souffrances. La courte biographie, les écrits et les commentaires qui suivent nous le disent.

Jean Savoie

Quelques adresses pour en savoir davantage sur Jacques Laval

http://site.voila.fr/JACQUES_LAVAL

http://www.spiritualite2000.com/page.php?idpage=1203

retour en haut de page