Daniel Brottier

1876 - 1936

 

Le Père Daniel Brottier est, en France, une figure légendaire dans deux domaines:

  • De retour d'Afrique, comme aumônier militaire, il a marqué tous les soldats qui l'ont côtoyé dans les tranchées,
    durant la guerre de 1914-1918 .
  • Par la suite, il a surtout été reconnu comme le père des Orphelins Apprentis d'Auteuil, dont il repris la direction en 1923. pour donner à cette oeuvre une expansionpeut commune.
  • Son travail considérable et ses qualités spirituelles ont été reconnus par l'Eglise.
    Il a été béatifié le 25 novembre 1984, par le pape Jean-Paul Il.

 

 

Sans vouloir oublier

a) l'engagement de Daniel Brottier comme missionnaire au Sénégal et son travail inlassable pour l'établissement de la cathédrale du Souvenir Africain . à Dakar,

b) ni son engagement d'aumônier militaire dans les tranchées de la guerre de 1914,

c'est au service des Orphelins Apprentis d'Auteuil, que Daniel Brottier donna toute sa mesure.


 

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Daniel Brottier et Les Orphelins Apprentis d'Auteuil

Devenu directeur des Orphelins Apprentis d'Auteuil, Daniel Brottier s'installa au 40 rue La Fontaine, le 19 novembre 1923. L'abbé Roussel avait fondé cette oeuvre en 1866. En 1923, l'abbé Muffat, qui dirigeait l'Oeuvre depuis 1914, demanda à en être déchargé. L'archevêché de Paris s'adressa à Mgr Le Roy, supérieur de la Congrégation du Saint-Esprit, et c'est ainsi que le choix se porta sur le Père Brottier.

Sa première initiative fut d'entreprendre, par souscription, un sanctuaire à Sainte-Thérèse de Lisieux. «Ce dont les enfants ont été sevrés, disait-il, c'est d'affection. Thérèse sera leur maman.» Après la guerre, le P. Brottier avait appris de Mgr Jalabert que celui-ci était persuadé d'avoir obtenu pour lui la protection de Sainte-Thérèse de l'Enfant-Jésus. De là dataient sa dévotion et sa confiance envers la petite Sainte.

Les débuts à Auteuil furent difficiles. La guerre avait déstabilisé cette oeuvre, les dettes n'avaient cessé de croître, et le personnel désabusé, avait laissé s'instaurer parmi les jeunes une mentalité détestable. Il en fallait plus pour démonter le nouveau directeur. Avec lui, une qualité des relations, une joie de vivre et de travailler s'instaurent dans l'Oeuvre... ce qui, au dire d'un de ses biographes, aurait amené cette déclaration d'un jeune enfant: «Je voudrais devenir Orphelin d'Auteuil!»

Pour réaliser son projet de construction d'une chapelle dédiée à Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, le Père Brottier stimulait régulièrement collaborateurs et bienfaiteurs. Le magazine d'Auteuil «La France Illustrée» se couvrit d'annonces de kermesses, d'éditoriaux vibrants. Le 5 octobre 1930, le cardinal Verdier, archevêque de Paris, procéde à la consécration du sanctuaire, dont la fête annuelle attirera bientôt jusqu'à vingt mille personnes.

En même temps, il fallait payer les dettes et trouver des ressources pour la vie quotidienne. Le Père Brottier donna pour cela beaucoup de son temps à la correspondance. Il recevait aussi de nombreux visiteurs, bienfaiteurs ou non. A quelqu'un qui lui dit «Quelle chance vous avez, tout vous réussit», il répliqua: «Ma chance, ce fut de travailler sans répit de 5 heures du matin à minuit, d'écrire des lettres et de recevoir des visites par milliers».

Pour employer le langage actuel, Brottier fut un homme des «médias». En voici quelques exemples:

Avec lui le Courrier d'Auteuil atteindra 300 000 exemplaires mensuels. L'Ami des enfants sera tiré à 70 000 exemplaires. La France Illustrée (fondée en 1874) touchera chaque semaine 100 000 abonnés. Et pourtant il jugea nécessaire d'abandonner la gestion de La France Illustrée: il pensait que cela risquait de le détourner de son oeuvre principale. En 1930, il fonde la revue Missions où la mise en pages présentait une certaine originalité. En trois ans Missions atteint un tirage de 40 000.

Il utilisa l'affichage dans le métro, avec l'effigie de Sainte-Thérèse de Lisieux, pour inviter à des concerts au profit de sa chapelle.

En 1927, il ouvrit aux écoles et aux patronages la salle Auteuil, Bon Cinéma. On y compta 600 000 spectateurs en quatorze ans.

Le développement de l'oeuvre

Sous la direction du P. Brottier, Auteuil s'agrandit et les succursales se multiplient: le Vésinet (1930), La Motte-Grenet (1931), Saint-Michel-en Priziac et Saintry (1932), Malepeyre et Restigné (1933), Perpezac et Verneuil-sur-Indre (1934), Nice et Caminel (1935). Il faut y ajouter l'organisme le Foyer à la campagne (1933). Dans l'ensemble de ces maisons, en 1936, on accueillait 1'400 orphelins.

Les dernières semaines

Le 2 février 1936, avait lieu à Dakar la consécration, par le cardinal Verdier, légat du pape, de la Cathédrale du Souvenir Africain. Le Père Brottier, dont la santé laissait à désirer depuis quelque temps, ne put s'y rendre.Le lundi 3 février, épuisé, il se coucha en fin de matinée, pour ne plus se relever. Il était terrassé par une fièvre intense, de violents maux de tête et de vives douleurs à la poitrine. Une congestion pulmonaire double se déclara. Quelques jours plus tard, une grippe infectieuse ajouta encore à ses tourments et il fut transporté à l'hôpital.

Arrivé à l'hôpital Saint-Joseph mourant, il survécut pendant onze jours. Ce fut vers 4 heures du matin, le 28 février 1936 que Daniel Brottier rendit le dernier soupir. Il fut béatifié le 25 novembre 1984, par le pape Jean-Paul Il.

Jean Ernoult, spiritain

 

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